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Le rôle essentiel des visites médicales de préreprise et de reprise au travail

Après un arrêt de travail, si l’état de santé mentale ou physique est modifié, il devient nécessaire de mettre en place des conditions de retour progressif ou des adaptations, voire un changement du poste de travail : c’est là que les visites de préreprise et de reprise prennent tout leur sens. 

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Lorsqu’un salarié est absent pour raison de santé, son retour au travail est un moment délicat qui nécessite une attention toute particulière. Les visites de préreprise et de reprise avec le médecin du travail sont essentielles pour garantir une réintégration réussie et respectueuse de sa santé.

La visite de préreprise : un atout pour le maintien dans l’emploi

Après un arrêt de travail dépassant 30 jours, chaque salarié a la possibilité de bénéficier d’une visite de préreprise. Cette démarche proactive, dont l’employeur informe le salarié lors du rendez-vous de liaison, permet d’anticiper les besoins d’adaptation ou d’accompagnement.

Au cours de cette visite, le médecin du travail évalue la situation et peut recommander :

  • Des modifications ou adaptations du poste,
  • Un éventuel reclassement,
  • Ou encore des formations pour aider à une réorientation professionnelle.

Ces recommandations, conçues pour favoriser le bien-être et la réintégration du salarié, sont relayées à l’employeur pour une mise en œuvre rapide et adaptée.

La visite de reprise : un passage essentiel

Plusieurs situations peuvent déclencher une visite de reprise : un congé de maternité, une maladie professionnelle, un accident du travail ou une absence assez longue. L’objectif de cette visite est multiple :

  • S’assurer de la compatibilité du poste avec l’état de santé du salarié,
  • Évaluer les éventuelles adaptations nécessaires,
  • Recommander des aménagements ou un reclassement,
  • Et en dernier ressort, émettre un avis d’inaptitude sans reclassement si la situation l’exige.

Il est à noter que tout arrêt de travail inférieur à 30 jours pour accident du travail doit être signalé au médecin du travail. Par ailleurs, si un salarié est classé en invalidité de deuxième catégorie, l’employeur qui en est informé doit organiser une visite de reprise, si le salarié n’a pas manifesté la volonté de ne pas reprendre le travail.

Les conséquences liées à ces visites

La coordination entre la visite de préreprise et celle de reprise est essentielle pour optimiser les conditions de retour du salarié. Il est primordial de comprendre que seule la visite de reprise peut aboutir à une décision d’inaptitude.

Refuser de se présenter à une visite de reprise est un motif sérieux de licenciement. En effet, l’arrêt de travail met en pause le contrat, mais c’est bien la visite de reprise qui acte la fin de cette suspension.

De son côté, l’employeur se doit de respecter son obligation de programmer ces visites médicales. Tout manquement peut être préjudiciable pour le salarié, qui, en conséquence, peut légitimement réclamer des dommages et intérêts.

En conclusion :

Les visites de préreprise et de reprise sont des étapes cruciales pour assurer la santé et le bien-être des salariés au travail. Employeurs et salariés ont chacun un rôle à jouer pour que ces moments soient gérés dans le respect et la bienveillance, garantissant ainsi une reprise sereine et adaptée.

Philippe Casanova

Médecin spécialiste en médecine du travail et médecine légale.