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Les prérogatives vaccinales des professionnels de santé : une extension des possibilités

La législation sur les vaccinations par les professionnels de santé a évolué pendant et après la pandémie de Covid-19. Désormais, le médecin n’est plus le seul à prescrire et vacciner, y compris en santé au travail.

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Les médecins du travail peuvent vacciner les salariés dans le cadre des missions des services de prévention et de santé au travail, guidés par le calendrier vaccinal qui reste la référence en santé publique. Mais ils ne sont désormais plus les seuls à pouvoir le faire.

Infirmiers

Les infirmiers et infirmières se voient octroyer le droit de prescrire et d’administrer des vaccins. Ce changement permet aux professionnels de la santé d’élargir leur champ d’action en matière de prévention vaccinale. Désormais, ils peuvent prescrire des vaccins aux personnes de 11 ans et plus, en tenant compte de leur âge et de leur état de santé spécifique. Il inscrit dans le carnet de vaccination et le dossier médical partagé de la personne vaccinée la dénomination du vaccin administré, la date de son administration et son numéro de lot.

Avant de commencer cette activité, les infirmiers doivent déclarer leur capacité de prescription auprès de l’autorité compétente du conseil de l’ordre des infirmiers. Cette déclaration doit inclure leur nom, prénom professionnel et numéro d’identification. Pour ceux qui n’ont pas acquis de connaissances sur la prescription de vaccins pendant leur formation initiale, il est nécessaire de compléter une formation supplémentaire attestant de la maîtrise des connaissances sur les maladies préventives par vaccination, la traçabilité des vaccinations et les recommandations du calendrier vaccinal. La prescription peut commencer immédiatement après l’acceptation de la déclaration.

Pharmacien et sage-femme

De même, les pharmaciens d’officine, des pharmacies mutualistes ou des secours miniers sont maintenant habilités à prescrire et administrer des vaccins, à condition de déclarer leur activité et de posséder une formation adéquate. Cette mesure s’inscrit dans une volonté d’augmenter l’accessibilité et l’efficacité des campagnes de vaccination. La déclaration doit être soumise à l’autorité compétente du conseil de l’ordre des pharmaciens et doit inclure une preuve de formation si nécessaire. La vaccination peut débuter dès que la déclaration est validée.

Les sages-femmes ont également reçu le feu vert pour prescrire et administrer des vaccins à leurs patients, suivant les recommandations actuelles du calendrier vaccinal, y compris les vaccins contre la grippe saisonnière.

Etudiants en médecine

Enfin, une mesure notable pour la formation médicale : les étudiants en troisième cycle des études de médecine peuvent administrer des vaccins sous la supervision d’un maître de stage. Cette opportunité est offerte à toutes les personnes éligibles selon le calendrier vaccinal en vigueur et ne se limite pas à la grippe saisonnière. Cela représente une étape importante dans leur formation pratique et renforce les ressources disponibles pour les campagnes de vaccination.

En conclusion :

Ces évolutions réglementaires s’inscrivent dans une stratégie globale de renforcement de la prévention des maladies infectieuses, en élargissant le rôle et les compétences des différents professionnels de santé. Il est essentiel que toutes les parties prenantes du secteur de la santé au travail comprennent ces changements pour les intégrer efficacement dans leurs pratiques quotidiennes et ainsi améliorer la couverture vaccinale de la population.

Philippe Casanova

Médecin spécialiste en médecine du travail et médecine légale.

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